29 décembre 2009


Sécurité aérienne : l'Europe résiste encore aux scanners corporels

Corps humain vu à travers un scanner corporel.

D.R. -  Corps humain vu à travers un scanner corporel.


La tentative d'attentat ratée sur un vol entre Amsterdam et Detroit, vendredi, a relancé, aux Etats-Unis comme en Europe, le débat sur la sécurité dans les aéroports et la généralisation des scanners corporels. L'auteur des faits a en effet utilisé un mélange de poudre explosive et d'un liquide que ne décèlent pas les détecteurs de métaux. Lundi 28 décembre, le gouvernement britannique a ainsi annoncé qu'il envisageait d'installer "aussi vite que possible" ces appareils dans tous les aéroports du Royaume-Uni.

Ces scanners corporels, qui permettent de dessiner le corps dévêtu des passagers en 3D et de détecter en trois secondes des armes et des explosifs que ne signaleraient pas les portiques classique, ont d'ores et déjà été installés dans dix-neuf aéroports américains, selon le New York Times. Sur demande de Washington, la Commission européenne a envisagé d'étendre leur utilisation aux aéroports européens, mais a dû faire marche arrière après le tollé provoqué par ce projet au Parlement européen.

Les eurodéputés se sont en effet opposés en octobre 2008 à une écrasante majorité (361 voix contre 16 et 181 abstentions) à cette "fouille au corps virtuelle", y voyant une atteinte au "droit à la vie privée, le droit à la protection des données et le droit à la dignité personnelle". Ces scanners "permettent de voir jusqu'aux parties génitales, si une femme a de gros ou de petits seins", s'était insurgé en séance le député social-démocrate bavarois Wolfgang Kreissl-Dörfler, y voyant l'illustration de la "paranoïa des ministres de l'intérieur" des Vingt-Sept en matière de terrorisme.

Malgré l'opposition des eurodéputés, le "body scanner" fait déjà l'objet depuis début 2008 d'expérimentations dans les aéroports de Schiphol-Amsterdam, Londres (Heathrow), Manchester ou Zurich (voir la vidéo de présentation ci-dessous). La France envisageait elle aussi de le tester à l'aéroport de Nice, mais elle a dû suspendre son projet dans l'attente de nouvelles dispositions de la Commission, explique-t-on à la Direction générale de l'aviation civile.

Pour Charles de Courson, rapporteur de la Commission des finances de l'Assemblée pour le transport aérien, la dernière tentative d'attentat en date n'y change rien : le renforcement de la sécurité dans les aéroports est tout bonnement inutile. "On continue cette dérive technologique, ce fantasme d'une ligne Maginot dans les aéroports au lieu de s'attaquer aux réseaux terroristes. Mais on pourra doubler le budget de la sécurité dans les aéroports [actuellement de 500 millions d'euros par an], ça ne sert à rien", explique-t-il.

Selon le député du Nouveau Centre, "cette course folle voulue par Washington" a déjà fait la preuve de son inefficacité. "Les détecteurs de métaux actuellement en place n'ont pas permis de détecter un seul terroriste. On embête seulement les dames qui ont un coupe-ongle dans leur sac à main. Quasiment tous les produits explosifs que j'ai essayé de passer sont passés", assure-t-il en référence à une étude menée en 2003 pour le ministère des transports. "Et pourquoi s'arrêter aux aéroports ? Pourquoi ne pas étendre le scanner corporel au métro parisien où il existe également des risques d'attentats ?"


Posté par flolipo62 à 10:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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